complément à propos de l'histoire
COMPLEMENT A PROPOS DE L’HISTOIRE
Il est intéressant de rappeler quelques notions sur l’influence helvétique dans le développement du Bassin bellegardien.
De l’influence helvétique dans le Bassin bellegardien, lieu de passage et lieu de contrôle
Déjà en 58 avant J.–C., les Helvétes franchissent le pont naturel des Oules sur la Valserine pour gagner la Gaule occidentale.
Les marchés de Bresse qui alimentent le Genevois, en particulier avec le commerce des grains, empruntent l’itinéraire “cluse de Nantua-Bassin bellegardien”, sans aucun doute déjà pendant tout le Moyen-Âge.
Les impératifs militaires, le développement de l’économie à l’échelle internationale, les progrès techniques dans les transports, entraînent :
- l’aménagement de la route Lyon–Genève n° 84, royale au XVIIIème siècle, nationale au XIXème, qui emprunte le pont de Coupy mis en service sous Henri IV,
- la construction, de 1853 à 1858, de la voie-ferrée Lyon–Genève, et de la première gare de Bellegarde de style chalet suisse.
- un siècle et demi plus tard, la liaison TGV qui met Genève à 3 h 30 de Paris, Bellegarde étant depuis 1981 la dernière gare TGV française.
Bassin bellegardien, zone de passage qui devient par conséquent zone frontière.
On peut noter, entre autres, la création de la frontière franco-savoyarde suite au traité de Lyon en 1601, celle de la zone franche en 1815, ce qui implique la surveillance et le contrôle des personnes et des marchandises, la présence de gabelous, de douaniers, ... et de contrebandiers.
Bellegarde, dès 1890 et jusque dans les années 1960, sera ainsi ville douanière et cheminote.
Bassin bellegardien, zone de passage aussi pour aller chercher refuge en Suisse, terre d’asile. Citons par exemple certains prêtres réfractaires de la période révolutionnaire, certains républicains au moment du coup d’état de Napoléon III comme Georges Baudin, certains résistants pendant la seconde guerre mondiale ….
De l’influence helvétique dans l’industrialisation du Bassin bellegardien
Pendant un siècle Bellegarde bénéficie, en partie, de capitaux et d’entreprises suisses.
En 1870–1871, Messieurs Lomer et Ellershausen, deux investisseurs internationaux, séduits par le potentiel énergétique de la chute du Rhône, en amont des pertes, transposent à Bellegarde ce qui se fait à Schaffouse. Ils imaginent l’utilisation, par télémécanique, de la force motrice du Rhône et créent ainsi un premier dynamisme industriel local, prévoyant un développement à l’américaine de la ville.
En 1884, le Valaisan Louis Dumont, crée sur la Valserine la première usine hydro-électrique locale. Dès lors, cette nouvelle énergie fait affluer de nombreuses entreprises, suisses ou franco-suisses : la filature de la Lorze, les laboratoires Sauter, la Minoterie Lullin puis Convert, la Courroierie Perrot, l’aluminium Pautry, SADAG, les Tableaux Réclames, les crayons ou petits articles en bois Perrin, les cirages Merienne, la distillerie Achin, par exemple.
Bellegarde est alors une ville industrielle aux conséquences démographiques, urbanistiques, religieuses et sociales importantes.
Après la récession de 1970, la Suisse toute proche permet la réinsertion de nombreux employés ou ouvriers licenciés. Apparaît alors le “travailleur frontalier” et plus tard, on assiste au retour bénéfique d’investissements fonciers suisses pour des résidences secondaires.
De l’influence helvétique du point de vue religieux sur le Bassin bellegardien
Au Moyen Âge la paroisse de Musinens relève du diocèse de Genève. On sait que, au XIIIème et XIVème siècle, le chœur de l’église était à charge du Commandeur de Compesières, près de Genève, et qu’au XVème siècle, ce dernier recevait une part de la dîme de la paroisse médiévale d’Arlod.
La Réforme s’implante à Genève au XVIème siècle et les Réformés genevois, alliés pour un temps à Henri IV se livrent à de nombreuses exactions comme les pillages de Vanchy dans les années 1570 ou ceux de la Michaille en 1590.
La paroisse réformée s’est peu à peu créée fin du XIXème siècle par des colporteurs bibliques helvétiques jusqu’au 11 février 1906, date de sa fondation effective. Les premiers protestants installés furent des chefs d’entreprises et cadres, bientôt suivis d’agriculteurs, de fromagers, et d’ouvriers d’usines venant des cantons de Genève, de Vaud ou de Fribourg.
La façade du presbytère protestant (1940) est à l’évidence marquée par l’influence suisse.
Conclusion
Le 3ème millénaire débute avec la perspective de l’ouverture en 2009, du nouveau tronçon TGV dit “des Carpates”, mettant Genève à 3 h de Paris, en maintenant des arrêts fréquents à Bellegarde.
L’aventure franco-suisse continue.
Espérons que c’est un signe positif dans la tradition historique, économique et sociale, qui unit les Bassin de Genève et de Bellegarde.
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